M. Michel AZEMAR
Paris le 09 août 2006
LETTRE OUVERTE A MONSIEUR DELANOË MAIRE DE PARIS
CHIKUNGUNYA
Monsieur le Maire, comme vous le savez nos amis Réunionnais, Mahorais, Comoriens et Malgaches ont subi et subissent encore de plein fouet les attaques des moustiques
"Aedes Albopictus" vecteurs du virus Chikungunya, provoquant chez les sujets atteints, fièvres, céphalées, hémorragies, de très fortes douleurs musculaires ainsi qu’un blocage avec œdèmes des pieds, poignets, chevilles, phalanges. L’évolution clinique est variable.
Elle peut être rapidement favorable, mais la maladie peut aussi évoluer vers une phase chronique marquée par des arthralgies persistantes et incapacitantes.
Pendant la convalescence qui peut durer plusieurs semaines à plusieurs mois, le malade est en proie à une asthénie importante.
Plusieurs cas mortels sont à signaler le chiffre de 300 décès est avancé par certains.
Plusieurs de vos Agents, originaires de ces régions sont
touchés par ce virus, leurs vacances gâchées et leur vie de famille bouleversée. Plus grave encore, de retour en métropole ils doivent se battre pour faire reconnaître le virus du Chikungunya.
Moi-même étant métropolitain, j’ai été infecté par ce
virus, alors que je partais en congés bonifiés avec mon épouse, originaire de la Réunion.
Remarques :
- L’épidémie est toujours d’actualité même si les victimes (650 contaminés/semaine actuellement) sont en régression du fait de l’arrivée de l’hiver austral et du très grand nombre de gens déjà atteints.
- On peut raisonnablement prévoir une recrudescence de l’épidémie en été avec les conséquences désastreuses que l’on connaît sur les économies locales et l’environnement, d’où l’impérieuse nécessité de ne pas affaiblir le dispositif mis en place. L’économie sur les moyens devenant au final beaucoup plus chère. A ce sujet on ne peut que s’inquiéter du départ programmé des militaires et donc des intervenants dans la lutte sur le terrain.
- De nombreux Agents ont des attaches avec les îles de l’océan indien et sont inquiets du devenir de leurs îles, sans distinction aucune.
- La lutte contre ce fléau doit devenir une lutte collective qui nous préparera aux futures épidémies voir la menace de la grippe aviaire.
Ce qu’il faut savoir : Les maladies transmises par les moustiques ont fait plus de victimes que toutes les guerres contemporaines.
Le paludisme tue un enfant toutes les 30 secondes en Afrique et entre 1 et 3 millions de personnes par an, selon les estimations de l'OMS.
Deux milliards d'individus, soit 40% de la population mondiale, sont exposés et on estime à 500 millions le nombre de cas cliniques survenant chaque année.
Au vu de la gravité de cette épidémie, je vous demande que soit fait :
D’une façon interne à la Mairie de Paris :
- Le recensement des Agents atteints.
- La sensibilisation du service médical.
- La restitution des jours de congé à partir du jour de la déclaration de la maladie.
- Le report des congés bonifiés pour les Agents le
souhaitant.
- La prise en considération des situations particulières (certains malades sont ou seront invalides plusieurs mois ce qui veut dire un demi traitement).
D’une façon externe à la Ville de Paris :
- L’envoi d’une mission d’appui à la lutte contre l’épidémie de Chikungunya à Mayotte ainsi qu’à la Réunion et pour Madagascar et les Comores une aide médicale (il semble que le
Bi- Profénid associé à l’Oméprazole soit très efficace et permet aux malades de retrouver leur mobilité).
- Une capitale comme Paris se doit d’appliquer le principe de solidarité envers les Mairies d’outre-mer et leur population. Elle doit maintenir et accentuer le dispositif déjà mis en place.
Je souhaite connaître les décisions que vous prendrez sur ces sujets.
Veuillez agréer Monsieur le Maire l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Michel AZEMAR
Salarié Mairie de Paris
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