JUSTICE - 12 janvier 2005
Justice : emballement répressif à Outreau !
(lire la suite de
l'article du 12 janvier 2005)
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13 janvier 2005
Emballement répressif à Outreau selon les Juges de DOUAI
Voici un message reçu du site Web DefensedesCitoyens.org qui
nous parait digne de transmission maximale pour informer les
français sur la dégradation complète de leur justice. |
Il faut que les français sachent tous que leur justice est à
l'image exacte, si ce n'est pire, de ce qui s'est passé à Outreau.
Non seulement la justice est à revoir complètement dans son
instruction, mais il faudrait demander à tous les magistrats de
France de respecter leurs lois et leur codes internes, car là aussi
tout devient effarant, tant ces personnages ne respectent plus leurs
propres lois.
Par exemple : comment est-il possible aujourd'hui qu'un grand nombre
de magistrats aient un code d'honneur qui soit supérieur dans leurs
esprits et dans leurs actions à leur serment de magistrat ?
"Je jure de bien et fidèlement remplir mes fonctions, de
garder religieusement le secret des délibérations et de me
conduire en tout comme un digne et loyal magistrat"
Ce serment de magistrat est largement bafoué, puisque un ou
plusieurs "ordres supérieurs" viennent régulièrement
biaiser la justice que le peuple français est en droit d'attendre
de ces personnages !
Messieurs les juges et magistrats, ce que vous avez tant
cherché, vous venez de le trouver à Outreau et dans bien d'autres
tribunaux ! Maintenant il va vous falloir accepter des changement
drastiques dans votre profession et plus particulièrement votre
mise en responsabilité personnelle lors d'abus ou de décision
biaisée par un ou des "ordres supérieurs".
Justice : emballement répressif à Outreau !
12 janvier 2006
Emballement répressif à Outreau selon les Juges de DOUAI
ENFIN LES LANGUES SE DELIENT, NOUS AVIONS RAISON
la chambre de douai épingle BOT
www.defensedescitoyens.org
Outreau a révélé un "emballement répressif", selon les
juges de Douai
LE MONDE | 11.01.06 | 13h25 . Mis à jour le 11.01.06 | 13h37
Ils ont longtemps hésité avant de se décider à prendre la
parole. Mais parce qu'ils n'ont "rien à cacher", les
magistrats de la chambre de l'instruction de la cour d'appel de
Douai, qui ont supervisé le dossier d'Outreau de 2001 à 2004,
s'expriment pour la première fois.
Sur la forme, ils ont choisi de rédiger un propos commun, transmis
au Monde. Didier Beauvais, le président de la chambre de
l'instruction, Pascale Fontaine, Sylvie Karas, Claire Montpied et
Sabine Mariette, conseillers à la cour d'appel, expliquent qu'ils
n'ont pas parlé plus tôt "pour ne pas donner l'impression
d'une tentative maladroite d'autojustification".
Ils réclament ensuite que leur audition par la commission d'enquête
parlementaire sur l'affaire d'Outreau soit publique. La commission a
commencé ses auditions à huis clos, mardi 10 janvier, en entendant
les travailleurs sociaux de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais).
Mercredi 11, ce devait être au tour des policiers.
"Je suis prête à m'expliquer de la manière la plus
transparente sur nos méthodes de travail. Si on a mal fait, on en répondra
le moment venu. Mais il ne faut pas se contenter de quelques juges
sacrifiés, cela ne servira à rien. Il faut se poser les bonnes
questions sur le fonctionnement du système", précise pour sa
part Sabine Mariette, également membre du Conseil supérieur de la
magistrature (CSM).
Sur le fond, les magistrats de Douai s'adressent, en priorité, aux
acquittés. Les "premiers mots seront pour Pierre Martel,
Roselyne Godard, Odile et Alain Marécaux, Karine Duchochois,
Dominique Wiel, Sandrine et Franck Lavier, Daniel Legrand père et
fils, François Mourmand (décédé en prison) Thierry Dausque,
David Brunet". "Qu'ils sachent que le souvenir de leurs
vies broyées accompagne depuis des mois et des mois notre quotidien
et continuera de le hanter longtemps encore, disent-ils. Qu'ils
sachent que nous avons une conscience aiguë de nos responsabilités.
Comme tout le monde, nous voulons comprendre l'enchaînement des
faits qui les a conduits de la Tour-du-Renard à la cour d'assises
de Paris."
Les cinq magistrats insistent sur les "responsabilités
multiples" du désastre, depuis les juges jusqu'à la
chancellerie, où "la direction des affaires criminelles et le
ministre de la justice suivaient de près les développements de
cette affaire". Ils se démarquent du procureur général de
Paris, Yves Bot, qui est intervenu dans le prétoire, le 30 novembre
2005, la veille du verdict de la cour d'assises de Paris. "N'en
déplaise au procureur général, l'affaire d'Outreau est à
"l'image de la justice de tous les jours". Il faut y voir,
non pas une aberration isolée, mais plutôt la révélation
paroxystique d'un véritable emballement répressif et médiatique."
Le verdict d'acquittement d'Outreau "permet à certains de redécouvrir
la valeur de la présomption d'innocence alors que depuis trois ans,
au nom d'une politique sécuritaire de plus en plus envahissante, le
législateur a érigé l'incarcération en principe de précaution
et en a fait la clef de voûte de la politique pénale", dénoncent
encore les juges de Douai.
Selon eux, au fil des ans, le législateur a fait des infractions
sexuelles "le mal absolu" : "Crimes absolus commis
sur des victimes absolues que sont les enfants martyrisés, par des
"monstres" que la justice est sommée de tenir à l'écart
le plus longtemps possible pour protéger la société, tels sont
les ingrédients ordinaires des affaires soumises quotidiennement
aux magistrats de Boulogne-sur-Mer, de Douai et d'ailleurs."
Cependant, souligne Mme Mariette, "les gens doivent savoir que
la plupart des dossiers de violences sexuelles ne passent ni par
l'instruction ni par les cours d'assises, trop engorgées, mais sont
correctionnalisés. Ils sont alors examinés sans audition d'experts
et de témoins. On commet peut-être quotidiennement des erreurs
judiciaires dans ce cadre".
Les juges d'Outreau, enfin, ne veulent pas que soit éludé le rôle
des médias. Ces derniers ont, selon eux, "d'avance jugé et
condamné toutes les personnes impliquées", puis les ont
"médiatiquement innocentées avant le verdict de Paris".
Dans ce contexte, les excuses du procureur général de Paris avant
le verdict sont qualifiées de "mascarade".
Ces magistrats veulent que la commission d'enquête parlementaire réponde
à "toutes les questions". Mais la décision de conduire,
sauf exception, les auditions à huis clos les inquiète. Tout comme
le fait que parmi les 30 députés de la commission, seul son
rapporteur, Philippe Houillon (UMP, Val-d'Oise), prendra
connaissance du dossier pénal. Après les acquittés, auditionnés
les 17 et 18 janvier, suivront les magistrats. Le juge Fabrice
Burgaud a demandé une audition publique, où il sera assisté d'un
avocat.
Nathalie Guibert
Article paru dans l'édition du Monde du 12.01.06
Suite de l'article sur le Monde à http://www.lemonde.fr
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