Pourquoi le témoignage de Piroska Nagy, avec laquelle
Dominique Strauss-Kahn a eu une liaison en janvier 2008,
a-t-il été en partie passé sous silence par les enquêteurs
chargés
de faire la lumière sur un éventuel abus de pouvoir du
directeur général du Fonds monétaire international (FMI)?
Dans une lettre envoyée le 20 octobre dernier aux
enquêteurs mandatés par le FMI, et dont L'Express a eu
connaissance, l'économiste d'origine hongroise qui travaillait
sous les ordres de DSK écrit: "M. Strauss-Kahn a abusé
de sa position pour entrer en relation avec moi." Et de
poursuivre : "Je n'étais pas préparée aux avances
du directeur général du FMI. [...] J'avais le sentiment que
j'étais perdante si j'acceptais, et perdante si je
refusais."
Or cette mise en cause ne figure pas dans le rapport final
des enquêteurs, d'une tout autre tonalité, publié cinq
jours plus tard et sur la base duquel le conseil
d'administration du FMI a blanchi DSK.
Contacté par nos soins, un responsable de l'enquête
affirme avoir "pris en compte le contenu de la lettre
dans la préparation du rapport" ainsi que le résultat
de 28 auditions.
Piroska Nagy (qui n'a pas répondu à nos questions)
conclut sa lettre par ce jugement: "Je crains que cet
homme [DSK] n'ait un problème qui, peut-être, le rend peu
apte à diriger une organisation où travailleraient des
femmes."